Une idée à la fois...

Par Pierre-Olivier Carles

L'histoire un peu folle d'une Winchester 73

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Une idée à la fois...

17 juillet · Numéro #12 · Consulter en ligne

Entrepreneur très Growth Marketer, je fais aussi du lait, de l'immobilier et du sandwich.
Rugby ❤️🖤
De Toulouse 🇫🇷 à Palm Beach, FL 🇺🇸


Ce post sera très différent de ce que vous lisez ici d'habitude. Il parlera de passion et de persévérance, mais aussi d'une Winchester 73 pas comme les autres.

Il était une fois dans l'Ouest...
Je viens de rentrer à Palm Beach, après 10 jours passés au White Stallion Ranch, près de Tucson, dans l'Arizona. J'y ai été voir Aurélia, ma fille, qui vit sa meilleure vie depuis 3 mois en tant que Wrangler volontaire là-bas.
Ce n'étaient pas des vacances, mais on a quand même profité de quelques activités offertes par le ranch, comme cette ballade ci-dessous… sous la direction d'Aurélia.
Cette photo avec Aurélia et Stephanie finira dans un cadre, dans mon bureau.
Cette photo avec Aurélia et Stephanie finira dans un cadre, dans mon bureau.
Dans les activités offertes, j'ai fait une session de tir avec différentes armes de calibre 45, dont un colt - réplique de celui de Wyatt Earp - et une Winchester modèle 1873.
C'est l'histoire de cette dernière que je voudrais vous raconter.
Une Winchester Hollywoodienne...
Depuis des décennies, des dizaines de films ont été tourné dans ce ranch, car il s'y prête parfaitement. Le désert est magnifique et ils possèdent des milliers d'hectares, qui n'ont pas changé depuis la nuit des temps. On y trouve notamment cette variété de cactus très hauts et “à bras” qui est l'un des symboles de l'Arizona.
L'un des films les plus célèbres et réussis, est “Winchester 73”, d'Anthony Mann, avec le légendaire James Stewart.
Lors du tournage, la star de l'époque a accepté de baisser son salaire - qui était de $200,000 par film - pour prendre une part des bénéfices à la place et endosser le premier role.
Pour la petite histoire, le film étant un succès, il touchera finalement plus de $600,000, une somme colossale pour 1950.
Le scénario - que je vous laisse lire par ailleurs - faisait de la Winchester un des personnages à part entière du film.
Il existait 2 versions du fusil pour le tournage, mais il était jugé tellement beau que l'une de ces versions a été volé entre deux scènes.
Du coup, Anthony Mann comprenant que Winchester 73 serait le film qui lancerait définitivement sa carrière souhaita conserver le second modèle après le tournage.
Malheureusement, la personne qui finançait la majeure partie du film - désolé, je n'ai plus le nom - tomba aussi amoureux de l'arme et décida de la conserver, menaçant Mann d'arrêter de payer et donc de ne pas laisser le film sortir s'il s'y opposait.
Clairement, il est plus simple d'être très convainquant quand on est du bon coté du chéquier, et l'investisseur récupéra donc la Winchester du film.
Et soudain, tout partit en vrille
Mais l'heureux et nouveau propriétaire de cette arme magnifique ne s'arrêta pas là. Il s'opposa à ce que la Winchester soit prise en photo pour quelque raison que ce soit.
Ainsi, plus personne ne la vit jamais plus, car il la cacha dans son bureau, jusqu'à sa mort.
Dans son testament, il demanda à être enterré avec le fusil - alors emballée pour rester à l'abri des regards - et à ce qu'une plaque de béton recouvre son cercueil dans le caveau, pour protéger l'arme.
Il fit également ajouter dans le testament que si cette arme était déterrée, ses héritiers perdraient immédiatement l'ensemble de la fortune qu'il leur léguait, à leur charge de se débrouiller pour faire protéger le caveau.
OK, le gars avait quelques fils qui ne se touchaient plus trop bien, manifestement.
Passion et détermination
Il y a quelques années, un des employés du ranch qui s'occupait des activités de tir rencontre Russell, le propriétaire de White Stallion Ranch - et de 5 autres ranchs dans l'Ouest - pour lui proposer de refaire fabriquer, à l'identique, une version de la Winchester du film.
Russell est séduit, accepte et finance l'opération.
Mais évidemment, il n'existe pas de photo et encore moins de plans ou de dimensions.
Le Wrangler va alors regarder des centaines de fois le film, en faisant des arrêts sur image, et des calculs de perspective, pour essayer de retrouver les dimensions exactes du fusil.
Par exemple, il va essayer de deviner la taille du canon en la rapprochant de la taille de James Stewart et en mesurant l'angle dans lequel il tenait la Winchester… et recommencer ailleurs dans le film pour être certain de ne pas se tromper.
Il lui faudra 2 ans de travail minutieux pour finaliser les plans, qu'il enverra dans une société en Italie pour qu'ils réalisent le modèle.
La Winchester a beau être une arme américaine - celle qui portait le surnom de “The Gun That Won the West” - personne n'était capable de la produire.
Russell en fera faire 2 versions, une pour lui et une pour les clients du ranch… ce qui prendra 19 mois de plus (et non 6 mois comme annoncé dans un excès d'optimisme par les Italiens).
C'est évidemment celle de gauche, l'autre étant un shot gun.
C'est évidemment celle de gauche, l'autre étant un shot gun.
Terminons sur un 100%
J'ai donc eu la chance de tirer quelques séries avec cette réplique d'une arme mythique à l'histoire abracadabrantesque, née du travail, de la résilience et de la passion de ce Wrangler (désolé, je n'ai plus son nom non plus 🤷🏻‍♂️).
La mécanique est incroyablement fluide pour une “technologie” datant de 1873, et elle est très accessible et “douce” pour un calibre 45.
Sans être un grand tireur, j'ai fait un 100% sur une trentaine de tirs, y compris sur de petites cibles à distance respectable. Je me suis étonné tout seul… et oui, j'en profite pour frimer un peu, c'est mon blog après tout 😂🔥
Il y a beaucoup de choses que je pourrais vous raconter, comme la raison pour laquelle on dit toujours aujourd'hui “Je te paye une tournée” ou pourquoi le calibre 45 s'est imposé dans l'Ouest alors que les premiers fusils étaient plutôt des calibre 22, voir même l'importance des Shot Guns - celui de droite sur la photo - pour les voyages… mais ce post est déjà assez long comme ça, je pense.
Si vous êtes assez nombreux à répondre à cet email en me disant que ces sujets vous intéressent, je m'y collerai.
Un nouveau fusil peut-il voir le jour ?
Russell est quelqu'un de très raisonnable, et il n'envisage pas de se faire enterrer avec sa version.
Toutefois, cela ne veut pas dire pour autant que c'est open bar.
Si vous voulez vous aussi une réplique à l'identique - et j'y pense en ce moment car je me suis vraiment régalé au stand de tir - il va vous falloir le lui demander gentiment et le laisser juger que vous en êtes dignes.
Qu'est-ce que cela veut dire “en être digne” ?
Honnêtement, je n'en sais rien.
J'imagine qu'il faut avoir beaucoup de respect pour le travail effectué et un vrai amour pour cette arme, sans avoir des valeurs incompatibles avec celles des ranchers…
Si je me lance dans cette aventure, on verra bien ce qu'il me dira :
On est devenu amis, mais je ne suis pas vraiment un cowboy, et je ne suis même pas d'origine américaine 🤷🏻‍♂️😁
J'espère que cette histoire vous a plu autant qu'à moi.
N'hésitez pas à m'envoyer vos questions ou commentaires et répondant à cet email ou via Twitter.
Yee-haw !
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